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Conférence de presse du 20 mars 2017 tenue par la porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Hua Chunying
2017/03/20

Le Vice-Premier Ministre du Conseil des Affaires d'État Zhang Gaoli sera invité à Bo'ao dans la province du Hainan pour assister le 25 mars à la cérémonie d'ouverture de la conférence annuelle 2017 du Forum de Bo'ao pour l'Asie et y prononcer un discours.

Le Président de Madagascar Hery Rajaonarimampianina, le Président des États fédérés de Micronésie Peter Christian, le Premier Ministre du Népal Prachanda, le Président du Conseil des Anciens (Meshrano Jirga) de l'Assemblée nationale de l'Afghanistan Fazal Hadi Muslimyar, le Vice-Président du Myanmar Myint Swe et d'autres personnalités politiques étrangers assisteront à la conférence annuelle.

Sur l'invitation du gouvernement de la République fédérale démocratique d'Éthiopie et du gouvernement de la République de Guinée, le Conseiller d'État Yang Jiechi effectuera une visite dans ces deux pays du 20 au 22 mars.

Q : Le Conseil de Sécurité de l'ONU a adopté le 17 mars la résolution 2344 sur l'Afghanistan, appelant à un consensus international pour aider ce dernier et à renforcer la coopération économique régionale dans le cadre de l'initiative « Ceinture et Route ». Selon des sources, c'est la première fois que l'idée majeure de « bâtir pour l'humanité un avenir commun » a été introduite dans une résolution du Conseil de Sécurité. Quel est votre commentaire là-dessus ?

R : Le Conseil de Sécurité a adopté à l'unanimité la résolution 2344 qui a introduit pour la première fois l'idée majeure de « bâtir pour l'humanité un avenir commun », ce qui illustre le consensus de la communauté internationale. La résolution exhorte les différentes parties à faire progresser davantage la construction des nouvelles Routes de la Soie terrestre et maritime et pose des exigences concrètes telles que le renforcement des dispositifs de sécurité. Il s'agit du développement dans la continuité des idées exprimées dans les précédentes résolutions de l'ONU et du Conseil de Sécurité au sujet de l'initiative « Ceinture et Route ». Nous entendons travailler de concert avec les autres États membres des Nations Unies, agir à la lumière des résolutions du Conseil, prendre une part active à la construction de la « Ceinture et Route » et la promouvoir énergiquement, en vue de bâtir pour l'humanité un bel avenir commun qui soit ouvert, inclusif, propre et basé sur la paix durable, la sécurité partagée et la prospérité universelle.

Q : Selon des officiels américains, l'administration Trump prépare un vaste projet de ventes d'armes à Taiwan. La Chine a-t-elle fait des représentations auprès de la partie américaine sur ce sujet ?

R : Nous nous opposons fermement aux ventes américaines d'armes à Taiwan. Cette position est constante et claire. Nous espérons que la partie américaine pourra être pleinement consciente du caractère hautement sensible et dangereux des ventes d'armes à Taiwan, respecter scrupuleusement la politique d'une seule Chine et les principes énoncés dans les trois communiqués conjoints sino-américains, cesser les ventes d'armes à Taiwan, gérer les questions liées à Taiwan de manière prudente et adéquate, et préserver l'intérêt général des relations sino-américaines et la paix et la stabilité dans le détroit de Taiwan.

Q : La visite du Secrétaire d'État américain Rex Tillerson en Chine s'est terminée hier. Les deux parties ont-elles finalisé davantage de détails sur la rencontre entre le Président Xi Jinping et le Président Donald Trump ? Pourriez-vous en dire plus ?

R : La Chine et les États-Unis accordent tous une grande importance au renforcement des échanges de haut niveau et de différents échelons entre les deux pays. Durant la visite du Secrétaire d'État Rex Tillerson en Chine, les deux parties ont eu des discussions approfondies sur la prochaine rencontre entre les deux Chefs d'État et ont démarré les préparatifs. Elles sont convenues de rester en étroite communication là-dessus, afin que les échanges entre les deux Chefs d'État et aux différents niveaux se déroulent dans d'heureuse conditions et soient fructueux. S'il y a d'autres informations, nous les communiquerons à temps.

Q : Selon la République de Corée, elle avait protesté au sein de l'OMC contre les mesures de rétorsion prises par la Chine face au déploiement du THAAD. Quel est votre commentaire là-dessus ? Les difficultés dans lesquelles se trouvent des entreprises de la République de Corée sont-elles dues aux mesures de restriction prises par la Chine ? Si la République de Corée retire le THAAD, la Chine annulera-t-elle ces mesures ?

R : Nous avons exposé notre position à plusieurs reprises. Nous sommes pour les échanges économiques et commerciaux normaux entre la Chine et la République de Corée, mais il faut une base sociale pour cela. En même temps, notre position contre le THAAD est constante et claire.

Q : En vertu de la résolution pertinente adoptée par l'Assemblée générale de l'ONU l'année dernière, les négociations du traité sur l'interdiction des armes nucléaires auront lieu le 27 mars à New York. L'année dernière, la Chine s'est abstenue lors du vote de cette résolution. Maintenant que les négociations s'approchent, la Chine a-t-elle décidé d'y participer ?

R : La Chine préconise toujours et est activement engagée en faveur de l'interdiction complète et la destruction totale des armes nucléaires, ce qui correspond au fond aux buts des négociations du traité sur l'interdiction des armes nucléaires. Dans le même temps, nous estimons aussi que l'objectif du désarmement nucléaire ne se réalise pas d'un seul coup, qu'il faut avancer progressivement et dans le respect des principes du « maintien de la stabilité stratégique mondiale » et de la « non-diminution de la sécurité des différents pays », et que le processus concerné doit être mené dans le cadre des mécanismes internationaux de désarmement et de non-prolifération existants.

Ces derniers temps, nous étions en communication franche maintenons et approfondie avec les parties concernées sur les questions liées aux négociations de ce « traité ». Après de sérieuses réflexions, nous avons décidé de ne pas y participer. Cette décision a été prise dans le souci de préserver les mécanismes internationaux de désarmement et de non-prolifération existants et dans le respect du principe de promouvoir progressivement le processus de désarmement nucléaire, elle est la traduction de notre attitude responsable de préserver l'équilibre et la stabilité stratégiques dans le monde. Malgré notre absence aux négociations, notre position ferme en faveur de l'interdiction complète et la destruction totale des armes nucléaires n'a pas varié. Et nous entendons rester en contact avec les différentes parties et continuer à œuvrer ensemble pour un monde sans arme nucléaire.

Q : Selon des médias indiens, le Ministère indien de la Culture et la nouvelle Université de Nalanda ont tenu à Rajgir dans l'État de Bihar du 17 au 19 mars la Conférence internationale du bouddhisme. Le 14e Dalaï-Lama et le Ministre indien de la Culture et du Tourisme Mahesh Sharma ont inauguré ensemble la conférence. Le Dalaï-Lama y a même prononcé un discours. Quel est votre commentaire sur ce sujet ?

R : Ces derniers jours, malgré les représentations solennelles et de la vive opposition de la Chine, l'Inde s'est obstinée à inviter le 14e Dalaï-Lama à inaugurer aux côtés des officiels indiens la Conférence internationale du bouddhisme organisée par le gouvernement indien et à y prononcer un discours. La Chine exprime son vif mécontentement et sa ferme opposition à cet égard, exhorte la partie indienne à prendre pleinement conscience de la nature sécessionniste et antichinoise du groupe Dalaï-Lama, à honorer scrupuleusement ses engagements sur la question relative au Tibet et à respecter les préoccupations vitales de la Chine, afin d'éviter que les relations sino-indiennes soient davantage perturbées et atteintes.

Q : Aujourd'hui, à midi, à la réunion annuelle du Forum du Développement de haut niveau de Chine, le Ministre Wang Yi a dit qu'il faut saisir toute opportunité de dialogue sur la question de la péninsule coréenne. S'agit-il d'une opportunité particulière qu'il vient de trouver ? Ou d'une opportunité en terme général ?

R : Ces derniers temps, nous avons exposé à plusieurs reprises notre vue sur la situation actuelle dans la péninsule coréenne et présenté notre proposition pour résoudre la question de la péninsule. Lors d'une récente conférence de presse conjointe qu'il a tenue avec le Secrétaire d'État américain Rex Tillerson, le Ministre Wang Yi a aussi détaillé le rôle joué par la Chine sur la question nucléaire de la péninsule coréenne.

Depuis le lancement du processus visant à résoudre cette question, nous avons connu à la fois des succès et des échecs et retenu des expériences et des enseignements. Le plus important progrès est la Déclaration conjointe du 19 septembre 2005 qui a défini la feuille de route pour l'abandon par la RPDC de son programme nucléaire et balistique et la réalisation de la dénucléarisation dans la péninsule. Le plus important enseignement consiste à résoudre de manière synchronisée et réciproque les préoccupations légitimes des différentes parties. Actuellement, la situation dans la péninsule est de nouveau à la croisée du chemin : soit on laisse la tension monter et la situation se dégrader jusqu'à l'éclatement des conflits, soit on cherche à réaliser des percées en faveur de la reprise des pourparlers et du retour sur la voie du règlement par le dialogue à travers une application rigoureuse des résolutions du Conseil de Sécurité. Notre proposition est d'adopter une approche à « double voie » qui consiste à promouvoir parallèlement la dénucléarisation de la péninsule et l'instauration d'un mécanisme de paix, et de mettre en œuvre l'initiative « suspension contre suspension », à savoir la suspension du programme nucléaire et balistique par la RPDC et la suspension des exercices militaires de grande envergure par les États-Unis et la République de Corée, afin de franchir le premier pas pour le déclenchement de l'approche à « double voie ». Nous espérons que les différentes parties réfléchiront sérieusement sur l'approche à « double voie » et l'initiative « suspension contre suspension » que nous avons proposées. C'est une solution réaliste, applicable, raisonnable, objective et impartiale compte tenu du contexte actuel. Nous espérons que les différentes parties pourront évaluer la situation avec sang-froid, faire leur choix avec lucidité et déceler des opportunités dans les défis.

Q : Le représentant spécial du Département d'État américain pour la politique à l'égard de la RPDC est actuellement à Beijing pour échanger avec la partie chinoise sur la question de la péninsule coréenne. Pourriez-vous en donner des informations ?

R : Aujourd'hui, le Représentant spécial du gouvernement chinois pour les affaires de la péninsule coréenne Wu Dawei a rencontré Joseph Yun, représentant spécial du Département d'État américain pour la politique à l'égard de la RPDC et négociateur en chef aux pourparlers à six. Les deux parties ont procédé à des échanges de vues francs et approfondis sur l'apaisement des tensions actuelles, la préservation de la paix et de la stabilité et la promotion du processus de dénucléarisation dans la péninsule.

Q : Lors de la conférence de presse de vendredi dernier, vous avez dit que le radar à bande X du THAAD a un rayon de détection de plus de 2 000 km. Il existe plusieurs versions d'interprétation sur le rayon de détection du THAAD. D'où vient ce chiffre précis ? Est-ce la conclusion d'une analyse chinoise ou le résultat d'un calcul que la Chine a fait avec les États-Unis ?

R : Nous avons remarqué qu'en République de Corée, selon certains, le déploiement du THAAD a pour le seul objectif de défendre la sécurité de leur pays, et la Chine n'a aucune raison de s'y opposer. En réponse à cela, j'ai indiqué vendredi dernier que le radar à bande X du THAAD peut détecter à plus de 2 000 km en mode d'alerte. C'est une connaissance générale dans le domaine militaire. Cela dépasse largement la capacité de défense nécessaire pour l'interception des missiles dans leur dernière phase d'approche. Le radar à bande X, dont le rayon de surveillance et d'alerte va bien au-delà de la péninsule, atteint le fin fond du continent asiatique et couvre une bonne partie du territoire chinois, cela dépasse largement le besoin de la République de Corée de se prémunir contre les menaces nucléaires et balistiques venant de l'extérieur. Nous comprenons les préoccupations de la République de Corée en matière de préservation de sa propre sécurité, mais cela ne doit pas se faire au détriment des intérêts sécuritaires de la Chine.

Q : Selon des reportages de l'agence KCNA du 19 mars, la RPDC a effectué la veille un essai au sol d'un nouveau moteur de fusée à forte poussée, qui pourrait selon des sources être utilisé pour le tir de missiles de longue portée. Quel est votre commentaire là-dessus ?

R : Nous avons noté les informations concernées. Les résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité contiennent des dispositions précises sur l'utilisation des technologies de missiles balistiques par la RPDC pour des activités de lancement. Nous espérons que la RPDC respectera scrupuleusement les résolutions pertinentes. Nous pensons que dans l'état actuel des choses, les parties concernées doivent faire preuve de retenue et s'abstenir de toute provocation mutuelle, afin d'éviter une spirale de tensions dans la péninsule coréenne.

Q : Après la visite du Secrétaire d'État américain Rex Tillerson en Chine, est-ce que la partie chinoise a eu des contacts avec la RPDC pour lui faire part des nouvelles propositions et l'encourager à changer d'avis ?

R : Nous sommes en étroite communication avec les différentes parties concernées aux pourparlers à six sur la question nucléaire de la péninsule coréenne pour marquer clairement notre position. Nous avons proposé une piste pour surmonter les difficultés sécuritaires dans la péninsule, à savoir l'approche à « double voie » et l'initiative « suspension contre suspension ». Nous pensons que toutes les parties concernées le savent très bien.

Q : S'agissant de l'essai d'un nouveau moteur de fusée à forte poussée effectué par la RPDC le week-end dernier, est-ce que la Chine a fait des représentations auprès de la RPDC ?

R : Comme je viens de le dire, nous sommes en étroite communication avec les différentes parties concernées aux pourparlers à six, y compris la RPDC. Et nous avons exprimé notre position sur l'utilisation des technologies de missiles balistiques pour des activités de lancement. Nous espérons que dans l'état actuel des choses, les différentes parties pourront faire preuve de sang-froid et de retenue, agir avec prudence et avoir toujours à cœur l'intérêt général qu'est la préservation de la paix et de la stabilité dans la péninsule et en Asie du Nord-Est.

Q : Le choix de la RPDC d'effectuer un essai d'un nouveau moteur de fusée à forte poussée le week-end dernier en dit long. Avez-vous d'autres commentaires sur la nature provocatrice de cet essai ou le choix du moment ?

R : Je ne suis pas en mesure de commenter le choix du moment. Vous feriez mieux de vous renseigner auprès du protagoniste. Pour nous, notre position est constante. Le Conseil de Sécurité a prévu des dispositions précises sur ce sujet. Nous espérons que la RPDC observera effectivement les résolutions pertinentes.

Q : Selon des sources, le Premier Ministre Li Keqiang assisterait lors de sa visite à Sydney à un match de football de l'équipe Sydney Swans. Pourriez-vous le confirmer ?

R : Le Premier Ministre australien Malcolm Turnbull, qui attache une grande importance à la prochaine visite officielle du Premier Ministre Li Keqiang, a préparé minutieusement le programme. Les deux parties étaient en étroit contact là-dessus. Quant à l'événement auquel vous vous intéressez particulièrement, veuillez attendre avec patience. Nous sommes convaincus que la visite du Premier Ministre sera remarquable et remarquée.

Comme nous l'avons annoncé vendredi dernier, le Premier Ministre Li Keqiang se rendra du 22 au 29 mars en Australie pour une visite officielle et la cinquième rencontre annuelle des Premiers Ministres chinois et australien et puis en Nouvelle-Zélande pour une visite officielle. Le Ministère des Affaires étrangères tiendra une réunion d'information pour les journalistes chinois et étrangers mardi 21 mars à 10 heures dans la salle Lanting. Le Vice-Ministre des Affaires étrangères Zheng Zeguang présentera des informations y relatives et répondra aux questions des médias. Soyez les bienvenus.

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