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Conférence de presse du 17 mars 2017 tenue par la porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Hua Chunying
2017/03/17

À l'invitation du Premier Ministre australien Malcolm Turnbull et du Premier Ministre nouvelle-zélandais Bill English, le Premier Ministre du Conseil des Affaires d'État Li Keqiang sera du 22 au 29 mars en déplacement en Australie pour une visite officielle et la 5e rencontre annuelle des Premiers Ministres chinois et australien, puis en Nouvelle-Zélande pour une visite officielle.

À l'invitation du Premier Ministre du Conseil des Affaires d'État Li Keqiang, le Premier Ministre israélien Benjamin Netanyahu effectuera en Chine une visite officielle du 19 au 22 mars.

Q : Des sénateurs américains ont présenté un projet de loi appelant à des sanctions contre les personnes physiques et entités de Chine impliquées dans les « activités illégales » en Mer de Chine orientale et en Mer de Chine méridionale. La partie chinoise en est-elle au courant ? A-t-elle exprimé son opposition à la partie américaine ?

R : Le soi-disant projet de loi, présenté par quelques parlementaires américains, est très agaçant et montre l'arrogance et l'ignorance de ses auteurs. La position de la Chine sur la question de l'île Diaoyu Dao et celle de la Mer de Chine méridionale est constante et claire. Ce projet de loi va à l'encontre du droit international et des règles fondamentales régissant les relations internationales. La Chine s'y oppose fermement.

Q : Selon des récents reportages de medias de la République de Corée, l'armée américaine aurait déjà acheminé en République de Corée le radar à bande X du système anti-missile THAAD. Quel est votre commentaire là-dessus ?

R : Le Ministère des Affaires étrangères de la République de Corée a déjà fait des éclaircissements à la partie chinoise pour démentir les reportages concernés. Je voudrais réaffirmer que la Chine est constante et claire dans sa position de s'opposer au déploiement du système THAAD. Nous exhortons les parties concernées à prendre en considération les préoccupations légitimes de la partie chinoise et à arrêter immédiatement le processus de déploiement.

Q : En République de Corée, certains pensent que leur pays a déjà expliqué à la partie chinoise que le système THAAD était destiné uniquement à faire face à la menace du programme nucléaire et balistique de la RPDC, mais que la Chine ne l'accepte pas. Et beaucoup ne comprennent pas pourquoi la Chine est contre ce système. Quel est votre commentaire à ce sujet ?

R : À propos du système THAAD, la partie chinoise a exprimé explicitement et à maintes reprises son opposition et souligné la grande dangerosité et les conséquences graves qu'implique le déploiement de ce système. Nous comprenons le souci de la République de Corée de s'assurer la sécurité, mais le problème est que le déploiement du système THAAD porte atteinte à l'équilibre stratégique de la région et, au lieu de contribuer à la paix et à la stabilité de la péninsule coréenne, pourrait entraîner la République de Corée dans une insécurité encore plus grande.

Ce qui est plus important, c'est que le système THAAD, équipé de radars à bande X d'un rayon de détection de plus de 2 000 km, va bien au-delà de la péninsule coréenne et peut atteindre le fin fond du continent asiatique et couvrir une large partie du territoire chinois. Cela dépasse de loin le besoin de la République de Corée de se prémunir contre les menaces nucléaires et balistiques venant de l'extérieure. Nous ne nous opposons pas à ce que la République de Corée prenne des mesures nécessaires pour assurer sa propre sécurité, mais ces mesures ne doivent pas être prises aux dépens de l'intérêt sécuritaire de la Chine qui est un pays ami et voisin.

L'opposition de la Chine au déploiement du système THAAD est justifiée et légitimes. Nous exhortons encore une fois les parties concernées à regarder en face le fond du problème et les préoccupations légitimes de la partie chinoise et à cesser immédiatement le processus de déploiement.

Q : S. M. le Roi Salman du Royaume d'Arabie saoudite est en visite en Chine. Quand est-ce qu'il quittera Beijing ? Qu'est-ce qui est encore prévu dans le programme ? Est-ce que la Chine jouera un rôle dans la promotion des relations entre l'Arabie saoudite et Israël ?

R : Nous avons déjà communiqué des informations. S. M. le Roi Salman est en visite d'État en Chine du 15 au 18 mars. Il s'est entretenu hier avec le Président Xi Jinping et a rencontré ce matin le Premier Ministre Li Keqiang et le Président du Comité permanent de l'Assemblée populaire nationale Zhang Dejiang. Les dirigeants des deux pays ont eu des échanges de vues approfondis sur les relations sino-saoudiennes et d'autres questions d'intérêt commun et ont dégagé d'importants consensus.

Hier, à l'issue de l'entretien entre le Président Xi Jinping et S. M. le Roi Salman, le Vice-Ministre des Affaires étrangères Zhang Ming a donné aux journalistes chinois et étrangers sur place un briefing sur l'intérêt et les acquis de cette visite. Les deux Chefs d'État ont assisté ensemble à la signature des 14 documents sur la coopération en matière de capacités de production industrielle, d'investissement, d'énergie nucléaire, de commerce, de finance, d'aérospatial, d'éducation et de ressources humaines. Les deux parties ont réaffirmé leur volonté de renforcer davantage la coopération pragmatique multisectorielle dans le cadre de la concrétisation conjointe de l'initiative « Ceinture et Route » et décidé d'accélérer la mise en synergie de cette initiative et de la Vision 2030 de l'Arabie saoudite. Les deux parties ont signé un mémorandum d'entente couvrant 35 projets de coopération prioritaires sur les capacités de production industrielle et l'investissement pour un montant total de 65 milliards de dollars US. Nous sommes convaincus que la visite de S. M. le Roi Salman permettra de faire avancer davantage les relations sino-saoudiennes.

Le Premier Ministre israélien Benjamin Netanyahu effectuera bientôt une visite officielle en Chine. L'Arabie saoudite et Israël sont deux pays de grande influence au Moyen-Orient. Nous espérons qu'elles feront chacune des efforts pour la paix durable et le développement au Moyen-Orient.

Q : Selon la Représentante permanente des États-Unis aux Nations Unies Nikki Haley, son pays n'envisage pas de retourner aux pourparlers à six. La partie américaine souhaite que la Chine et la Russie jouent un plus grand rôle et montrer aux États-Unis qu'elles sont tout aussi attentives à la question nucléaire de la péninsule coréenne. Quel est votre commentaire sur ce sujet ? Est-ce que la Chine proposera de relancer les pourparlers à six lors de la visite du Secrétaire d'État Rex Tillerson à Beijing ?

R : La péninsule coréenne se trouve juste à côté de la Chine. Y a-t-il même des gens qui pensent que la Chine est moins intéressée par la situation de la péninsule que les États-Unis ? En tant que voisin immédiat de la péninsule, la Chine a plus de raisons que tout autre pays de se préoccuper de la situation dans la péninsule et de jouer un rôle constructif pour y préserver la paix et la stabilité.

La Chine estime toujours que les pourparlers à six constituent une plateforme efficace pour résoudre la question de la péninsule coréenne. Ces pourparlers marquent le pas pour des raisons diverses et sous l'effet conjugué d'une multitude de facteurs. Nous sommes prêts à discuter en profondeur avec les différentes parties concernées pour créer des conditions à la reprise des pourparlers à six et des dialogues bilatéraux et multilatéraux. J'espère que les efforts de la Chine en vue de la reprise des pourparlers pourront rencontrer un écho favorable des autres parties.

La Chine a proposé la « double suspension » ainsi que l'« approche à double voie » en vue d'apaiser la tension actuelle et de favoriser la dénucléarisation et de préserver la paix et la stabilité dans la péninsule. Nous espérons que les différentes parties pourront bien réfléchir sur les propositions chinoises et y réagir favorablement. Et si les autres parties ont de bonnes propositions, tant qu'elles sont utiles pour la dénucléarisation de la péninsule et l'apaisement de la situation, nous sommes ouverts et prêts à en discuter de manière constructive.

Q : Première question, le Secrétaire d'État américain Rex Tillerson a dit que pendant sa visite en Chine, il ferait savoir à la partie chinoise que les États-Unis seraient prêts à renforcer le système de défense antimissile et à faire davantage de pressions à des institutions financières chinoises si la Chine n'use pas de sa propre influence pour contenir le développement du programme nucléaire de la RPDC. Quel est votre commentaire là-dessus ? Deuxième question, selon des reportages, des bateaux de la RPDC chargés de charbon auraient été vus hier dans un port chinois. Est-ce que cela va à l'encontre de la suspension par la Chine de l'importation du charbon de la RPDC ?

R: Sur votre première question, je ne veux pas conjecturer les propos que tiendra le Secrétaire d'État Rex Tillerson lors de sa visite en Chine. Je voudrais souligner que premièrement, la Chine a toujours appliqué les résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité de manière intégrale, sérieuse, rigoureuse et précise. Il n'y a aucun doute là-dessus. En tant que membre permanent du Conseil de Sécurité et membre responsable de la communauté internationale, la Chine a toujours rempli scrupuleusement ses obligations internationales. Deuxièmement, nous nous opposons fermement à ce qu'un pays impose selon sa législation nationale des sanctions unilatérales à un pays tiers et à ce que des sanctions unilatérales soient appliquées pour nuire aux droits et intérêts légitimes de la Chine.

Il est dans l'intérêt de toute la communauté internationale de favoriser la dénucléarisation de la péninsule coréenne et d'y préserver la paix et la stabilité. Depuis de longues années, les parties concernées ont déployé d'énormes efforts dans ce sens et des avancées positives ont été obtenues, avec des acquis importants comme la Déclaration conjointe du 19 septembre de 2005. L'état actuel de la question nucléaire de la péninsule coréenne n'est pas dû à l'absence de bons accords ou de dialogue, mais à l'absence d'une application effective et efficace des acquis, des consensus et des accords importants. Cette question est un héritage de la Guerre froide et le problème réside dans l'hostilité et la méfiance qui marquent profondément les parties concernées. Pour résoudre tout cela, il faut une solution intégrée qui traite à la fois les symptômes et la racine du problème, et d'ailleurs c'est la raison pour laquelle la Chine a proposé la « double suspension » et l'« approche à double voie ». Nous estimons que ces propositions tiennent compte de façon équilibrée les préoccupations de part et d'autre et constituent une solution réaliste et efficace permettant d'éviter l'escalade de la situation et de sortir de l'impasse sécuritaire dans la péninsule. J'espère que les parties concernées pourront bien réfléchir sur ces propositions et y répondre favorablement.

Sur votre deuxième question, je ne suis pas au courant de l'information que vous évoquiez. La Chine a toujours appliqué les résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité de manière intégrale, rigoureuse et sérieuse. Vous avez sans doute remarqué aussi que le Ministère du Commerce et l'Administration générale des Douanes de Chine ont annoncé le 18 février la suspension pour cette année de l'importation de charbon produit par la RPDC. Voilà une action prise par la Chine en vue d'appliquer la résolution 2321 du Conseil de Sécurité et de remplir ses obligations internationales.

Q : Comment la Chine voit-elle la situation actuelle dans la péninsule coréenne? En est-elle inquiète? Si la RPDC poursuit les essais nucléaires, comment la Chine y réagira ? Selon les reportages des médias chinois le 15 mars, des produits japonais venant des zones contaminées après l'accident nucléaire seraient importés en Chine. Quel est votre commentaire là-dessus ?

R : Concernant les analyses de la Chine sur la situation actuelle dans la péninsule coréenne, le Ministre des Affaires étrangères Wang Yi a donné des réponses très claires lors de sa conférence de presse tenue durant les sessions annuelles de l'APN et de la CCPPC. En tant que voisin immédiat de la péninsule, la Chine se préoccupe profondément de l'escalade de la tension. Nous appelons les parties concernées à garder le sang-froid et à agir davantage pour apaiser la situation et non pour s'irriter mutuellement ou attiser la tension. C'est aussi dans cet esprit que la Chine a proposé la « double suspension » et l'« approche à double voie ». Ce sont deux choses liées l'une à l'autre et qui forment un ensemble. La « double suspension » vise à apaiser la tension et à réaliser un point de percée pour la reprise du dialogue et de la concertation. L'« approche à double voie » a pour objectif de promouvoir parallèlement, sur la base de la « double suspension », la dénucléarisation de la péninsule et l'instauration d'un mécanisme de paix et de réaliser à terme la paix et la sécurité durables dans la péninsule et dans la région. J'espère que les parties concernées pourront bien réfléchir sur ces propositions et y répondre favorablement.

La position de la Chine sur les essais nucléaires de la RPDC est claire et constante. Nous nous opposons à ce que la RPDC développe le programme nucléaire et balistique en violation des résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité.

À propos de l'entrée sur le marché chinois des produits venant des zones contaminées du Japon, j'ai déjà donné ma réponse hier. Nous estimons que le gouvernement japonais doit adopter une attitude responsable pour donner une explication responsable au public japonais et à la communauté internationale sur les mesures prises et les impacts de ces produits.

Q : Selon certaines sources, pendant la visite en Chine du Chef d'État-major de l'armée pakistanaise, les deux parties auraient évoqué le développement conjoint de missiles balistiques. Pourriez-vous le confirmer et en dire davantage ? Est-ce conforme aux résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité ?

R : Sur la visite en Chine du Chef d'État-major de l'armée pakistanaise Bajwa, la partie chinoise a donné des informations sur ses rencontres avec le Vice-Premier Ministre Zhang Gaoli, le Vice-Président de la Commission militaire centrale Fan Changlong et le Chef de l'État-major interarmées Fang Fenghui. Concernant votre question, je n'en dispose pas d'informations, mais je peux vous dire que la Chine et le Pakistan ont entre eux des échanges normaux en matière de défense et des coopérations normales dans l'industrie et le commerce militaires.

Q : Quelles sont les mesures de restriction commerciale prises par la Chine vis-à-vis de la RPDC ? Y a-t-il un contrôle régulier à Dandong pour les cargos qui entrent en Chine ?

R : Je n'ai pas d'informations précises là-dessus. Mais je peux vous dire en toute responsabilité que la Chine applique toujours les résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité de manière intégrale, sérieuse, rigoureuse et précise.

Q : Récemment, le Pakistan envisage de faire de la région de Gligit-Baltistan, au Cachemire, sa cinquième province. L'Inde s'y est explicitement opposée. Et le corridor économique Chine-Pakistan traverse cette zone. Quel est votre commentaire à ce sujet ?

R : La position de la Chine sur la question du Cachemire est constante et claire. C'est une question entre le Pakistan et l'Inde, léguée par l'histoire. C'est à ces deux pays d'y trouver une solution adéquate par le dialogue et les consultations. La construction du corridor économique Chine-Pakistan n'affecte pas notre position sur la question du Cachemire.

Q : Le Secrétaire d'État américain Rex Tillerson a dit le 16 pendant sa visite au Japon que les efforts politiques et diplomatiques déployés ces vingt dernières années pour dénucléariser la péninsule coréenne ont échoué, et qu'il fallait une nouvelle approche. Quel est le commentaire de la Chine là-dessus ?

R : Il est dans l'intérêt de toute la communauté internationale de favoriser la dénucléarisation de la péninsule et d'y préserver la paix et la stabilité. En vue de trouver une solution qui traite à la fois les symptômes et les causes profondes du problème, la Chine a proposé l'« approche à double voie », dont l'objectif essentiel est de favoriser la dénucléarisation de la péninsule et l'instauration d'un mécanisme de paix. Et en proposant la « double suspension » qui est la première étape de l' « approche à double voie », la Chine souhaite réaliser un point de percée pour relancer les pourparlers et créer des conditions nécessaires pour la promotion de l'« approche à double voie ». Nous espérons que les parties concernées prendront en considération notre proposition et répondront favorablement aux efforts de la Chine.

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